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LAURENT KLUNGE

Tour Manager, Tour de Babel, Tour du monde.

Il n'est que justice de révéler ici au monde les multiples facettes de son travail inlassable et précieux pour notre cause. Un travail en coulisses, à l'ombre des sunlights,
un travail de fourmi, de valeureux guerrier; guerrier de tous les instants et de tous les combats.

Toujours prêt à bondir lorsque nos intérêts sont mis à mal par une organisation étatique mammouthesque dont l'inertie et la vivacité d'esprit n'ont décidément rien à envier à celles de nos responsables de la protection civile les plus capés.

Toujours le premier à courir tel un chien de berger lorsqu'une valise de matériel égarée ne veut point rejoindre le troupeau.

Toujours prompt à enjamber les difficultés de ce métier avec la souplesse et l'aisance d'une gazelle.
Soucis, tensions, agacement, lassitude, énervement, fatigue ou désespoir sont sans emprise sur lui et ne peuvent que glisser sur sa motivation légendaire comme un pingouin sur la banquise.

Toujours présent, même pour porter le plus pachydermique des Hammond C3 aussi motivé à quitter la scène par ses propres moyens qu'un lamantin soumis à l'appel de la sieste.

Toujours aux avant-postes, au mépris du danger, avec cette carrure de gorille qui en impose, devant le fonctionnaire d'aéroport zèlé dont le manque de souplesse face aux normes de sur-poids-bagages n'a d'égal que son faciès glacial.

Toujours volontaire lors de courtes escales en transit, à l'image d'un loup soumis au chef de meute,  même lorsqu'il doit faire l'impasse, au péril de son corps et de sa garde robe, sur une pause pipi tant attendue et aller vérifier la bonne marche du transfert de nos bagages, ou autres tâches des plus ingrates.

Toujours à l'affût, comme le guépard la nuit tombante, les sens en éveil, le flair aux aguets, avec pour mission, pour vocation, pour vice peut-être, d'anticiper et de neutraliser nos moindres soucis et contrariétés avant même qu'ils ne puissent atteindre et mettre à mal ce précieux et si fragile cocon qui nous préserve, nous les artistes, de ce monde de brutes;  nous maintenant ainsi dans une sorte de liquide amniotique émotionnel dont la plénitude et la sérénité sont indispensables à l'épanouissement et l'expression de notre potentiel artistique le moment du show venu.

Toujours en première ligne à hêler un serveur, lorsqu'en fin de soirée le vin rouge vient à manquer !

Il nous a été donné à tous lors de notre longue carrière dans ce milieu du spectacle de croiser quelques bêtes de scène au charisme hors normes.

Laurent est incontestablement un spécimen bien plus rare, probablement unique:
une véritable bête d'arrière scène !

texte: Benoît Corboz






 
PATRICK DAVID

Figure emblématique des mouvements gauchistes des années 80, Patrick David a su resté fidèle à lui même et à ses amis.Il négocie nos contrats depuis 1997 et il est mon manager depuis 2004.

Artiste dans l'âme il a su quitter le monde des majors lorsque celui-ci lui paraissait incompatible avec son éthique.

Fin limier, rusé et sensible, découvreur de talents, il est à présent manager des Young Gods, de Sophie Hunger et de Anna Aaron entre autre.






 
SALVATORE DARDANO

Gladiateur au cœur tendre

" Toi faut que je te parle ! "

Cette interpellation, sèche, directe et inattendue claque comme un coup de fouet strident dans la torpeur de notre rendez-vous matinal. Il est 7 heures 15, le bus conduit par Laurent est déjà passé prendre Marcello puis Benoît; la ronde habituelle comme à chaque départ de tournée. Troisième halte chez Salvatore, avant d'aller chercher Marc qui probablement dort encore. Laurent ne trouve pas de place et arrête le bus un peu plus loin en bordure de route. On attend quelques minutes puis on aperçoit dans le rétroviseur Salvator qui sort de chez lui.

Il cherche le bus du regard, et se rapproche de nous d'un pas tranquille.
La porte s'ouvre.
" Toi faut que je te parle ! " lance-t-il en guise de bonjour.
Le ton est sec, glacial !
L'effet est saisissant, en particulier pour celui qui se sait visé !
Salvatore est notre ingénieur du son Live, il sonorise tous nos concerts. Fidèle au poste depuis plus de 10 ans déjà, il est de tous nos voyages et de toutes nos aventures.
Parler de lui en termes professionnels serait inopportun, en particulier pour les autres de sa profession. C'est le meilleur, tout simplement. Restons-en là.

Revenons au bus.
Benoît, qui a compris que Salvatore s'adressait à lui, est dans ses petits souliers.
Il faut dire que le personnage est haut en couleurs :
Sa silhouette n'a rien de particulier - bien que svelte et sportive, elle dissimule élégamment une véritable boule de muscles. En revanche chez Salvatore tout est dans le visage :
Les traits marqués, le menton saillant et une barbe constante de 3 jours, au début comme en fin de tournée. Une vraie gueule, comme dans les films.
Qu'il remonte le col de son pardessus et c'est un parfait cowboy téméraire pour Sergio Leone.
Avec ce teint de peau si particulier que seuls arborent les vrais rouquins à la chevelure grisonnante, capable tout à la fois de retenir et réfléchir la lumière.
Avec des yeux ! Des yeux dont assurément les femmes pourraient mieux parler.
Des yeux perçants qui brillent comme l'éclat fulgurant d'un rayon de soleil sur le tranchant du glaive qu'un gladiateur sentant le combat imminent fait subitement jaillir hors de son fourreau !
Des yeux de cristal, de braise et de feu.
Que de femmes éblouies au cœur transpercé !
Que d'hommes irradiés, pétrifiés, le sang glacé !

Mais revenons au bus, où Benoît n'en mène pas large.
Bon dieu mais qu'a t-il bien pu faire pour que Salvatore s'adresse à lui de cette manière ?
Que s'est il donc passé ?
Bien sûr il sait pour l'avoir fréquenté durant toutes ces années que Salvatore est un véritable cœur tendre caché derrière une armure de guerrier, mais tout de même, lorsque le guerrier fait face, difficile d'y voir de la tendresse...
Avec ce caractère taciturne qui est l'apanage des gens du sud, Salvatore parle peu.
Calabrais pure souche, il a plutôt l'habitude de nous interpeller par ses silences.
D'ailleurs il n'a jamais la bouche autant ouverte que lorsqu'il dort !
Cette dernière pensée ne rassure pas Benoît le moins du monde. Si Salvatore a quelque chose a lui dire, c'est que ce doit être grave.
Vraiment grave.
Salvatore entre dans le bus, et demande à Marcello de se décaler un peu pour libérer une place à côté de Benoît.
Une fois assis, il se retourne et le regarde droit dans les yeux.
Pour Benoît le monde s'écroule.
Les sièges et la carlingue du bus ont soudainement disparu et laissé place à un pan de désert quelque part entre Monument Valley et le Rio Bravo.
Long travelling : Deux hommes se dévisagent sur fond de musique poignante, de la guitare électrique et de l'harmonica au son acide s'entremêlent.
La caméra se rapproche.
Le coeur de l'un d'eux bat de plus en plus vite, les gouttes de sueur perlent sur ses tempes, il sait son heure venue...
L'autre, impassible, le fixe de son regard de feu:
"Dis donc Benoît, il paraît que tu vas écrire quelque chose sur moi pour le site d'Erik ?"

Assurément Salvatore est ce genre de personne pour qui il vaut mieux réfléchir à 2 fois lorsqu'il s'agit de concevoir un texte de présentation !
 

texte: Benoît Corboz






 
JACKY SANDERS

Jacky est un ami de longue date, puisque nous étions dans le même groupe en 1974 !

Cherchant et fouillant le son, lui à la guitare, moi à la trompette. Excellent pédagogue, il m'a éclairé sur la façon d'utiliser mon home studio en 2004.

Il m'assiste d'ailleurs toujours dans mes déboires avec l'informatique.

Excellent ingénieur du son et toujours musicien, il a mixé etproposé d'aussi excellentes idées d'arrangement pour l'album Paris.






 
FRANÇOIS FOUILHÉ

Francois est notre éclairagiste, il épouse et transçande notre musique , l'homme est généreux et n'hésite pas à prendre le volant du bus entre 3h et 4h30 du mat alors que nous galérons entre Nancy et Paris , il aime les sardines , le gratin de courge et les courses hippiques.




 
THOMAS INDERBINEN

Zurich, Décembre 2009  

 

Le vent est froid. Le quartier qui abrite le Moods, le club où nous allons jouer, est impersonnel, gris et bêtement urbain. Je me réfugie à l'hôtel pour organiser l'espace de ma chambre, le téléphone sonne. Un homme appelle de la réception, il se fait connaître. Il souhaite me présenter ses trompettes, son nom me remémore qu'il y a à peine 10 heures  je visionnais une vidéo de Roy Hargroove dans l'aéroport de Porto et un collègue trompettiste m'avait fait remarquer qu'il jouait sur des instruments Inderbinen dont il ignorait tout.

J'invite donc Thomas Inderbinen à monter me rejoindre dans la chambre. Il porte un énorme sac avec 5 trompettes différentes. Celle dont l'esthétique me plait le moins est une merveille. Je décide de l'essayer au concert. Après le concert, je suis convaincu. J'aimerais conserver le prototype de Thomas mais il préfère me construire un autre modèle.

Quelques  mois plus tard, je suis à Aarau, à quelques kilomètres de Zurich, dans l'atelier Inderbinen. J'essaie ma nouvelle trompette, je la compare avec le prototype, je suis heureux du résultat qui va au delà de mes espérances. La précision est incomparable avec ma trompette Bach que pourtant j'adore. Le son est plus immédiat et plus large sur l'ensemble de la tessiture.


A présent je la joue tous les soirs avec bonheur. Le métal vibre, nous devenons complices. La trompette me transmet sa satisfaction en vibrant dans mes mains. 


L'atelier Inderbinen prends le temps de construire les trompettes en façonnant les pavillons à coup de marteau pendant des heures. Le résultat est une matière sonore unique. Merci a Thomas  d'être venu me voir à Zurich un soir de décembre 2009.